Interview de Renaud Patigny

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Concert du vendredi : RAGTIME BOOGIE RENAUD PATIGNY TRIO

Cette musique est née dans les années 1930. Nous allons voyager du sud des Etats Unis plus précisément à partir des barrel house en honky tonk (Baraques en bois aménagées en bar, saloon/tripot) pour nous mener par les voies du chemin de fer jusqu’à la ville mythique du jazz... Chicago. Ce style de musique demande une grande rapidité et une grande dextérité de la main gauche du pianiste. Pour cela nous serons comblés par la présence d’un Maître en la matière... Le fougueux pianiste Renaud Patigny. Il nous fera découvrir les grands standards du Boogie Woogie. Il sera accompagné par ses deux complices qui excellent dans une rythmique qui se doit d’être à la hauteur de la virtuosité que demande le Boogie Woogie Tristan Patigny à la batterie et John Valck à la contrebasse. Émotion et énergie garanties.

Concert du samedi : SWING BOOGIE À QUATRE MAINS (avec la participation de Renaud Patigny et du Philippe Lejeune Trio)

Pour ce deuxième concert le Boogie Woogie sera interprété à quatre mains, pour lui donner une puissance maximum ! Pour cela Renaud Patigny sera accompagné par le talentueux pianiste Philippe Lejeune. La salle de l’Imaginaire va vibrer pour notre plaisir au son du Ragtime, du Stide, du Boogie Woogie, du Blues, et du Swing. Deux pianos sur la scène, deux virtuoses et aussi une fougueuse rythmique composée avec la présence de Tristan Patigny à la batterie, et John Valck à la contrebasse.

Si vous assistez aux deux concerts : tarif unique de 11 ou 6€. Tarifs : 11 ou 6€ par concert et gratuit pour les moins de 12 ans Réservation indispensable au 03-27-22-25-20.

  • Bonjour Renaud Patigny,
    vous êtes un habitué de notre Centre des Arts et de la Culture, l’Imaginaire, donc bon nombre de personnes de notre public vous connaissent, mais pouvez-vous tout de même vous présenter ?
    Bonjour,
    Je suis un bruxellois pianiste, compositeur et producteur de concert. J’ai créé et organisé le seul festival dédié au boogie woogie en Belgique et directeur artistique de plusieurs évènements récurrents en France, grâce à mon agent artistique St Quentinois, Mr Jean - Pierre Jeanrot. En 2007 je fus un des deux seuls artistes européens engagés au festival de Blues de Chicago, le plus grand festival du genre sur la planète (un million de spectateurs !!). Décrit par la presse américaine comme le "génie Européen du boogie". J’ai enregistré une dizaine d’albums, en jazz vintage et en boogie woogie. Connu au plan international pour mes transcriptions d’œuvres de jazz vintage et boogie dont les partitions n’existaient pas. Comme disait le grand pianiste Fabrice Eulry, grâce à qui j’ai pu me produire sur scène aux côtés de Claude Bolling : "Renaud Patigny est un cas rarissime d’artiste dont les transcriptions de partitions sont extrêmement proches des enregistrements originaux, mais également capable de les interpréter lui - même d’une manière fidèle." Je suis très attaché à offrir au public des concerts de grande qualité tout en ne négligeant pas le côté festif, humoristique qui complète le tableau pour une soirée réussie.

  • L’Imaginaire deviendra le temps de deux soirées "Le Temple du Jazz", pourquoi dédier une soirée complète au boogie-woogie ? Quelle(s) différence(s) entre les deux soirées ?
    Le boogie woogie a trop souvent été considéré comme un genre mineur, ne justifiant pas un intérêt suffisant pour concevoir un concert entier, et à fortiori un festival. ERREUR : les festivals du genre tiennent la route avec brio au minimum 10 ans, à partir du moment où au niveau de la production on en a la volonté. La différence est que la première soirée me donnera carte blanche pour tenir toute la soirée en main et donc me donnera la possibilité de m’exprimer en long et en large ; dans ce cadre mon champ d’action me permet un contact intense avec le public. La deuxième soirée le public pourra apprécier les différences d’interprétation d’un même style par les deux pianistes, puis la symbiose magique que permet le boogie woogie dans des improvisations collectives.
  • Le boogie-woogie est la seule musique de piano spécifiquement issue du blues, qui est lui-même dérivé des "Work Songs" (chant de travail des esclaves afro-américains entonné lors de la récolte du coton et de la canne à sucre) mais il est également lié à la grande migration afro-américaine. C’est un véritable voyage historique et musical que vous nous proposez là ?
    Absolument exact, vous m’enlevez les mots de la bouche !!! Oui, j’aime retracer l’historique de la genèse de cette musique, car elle est en réalité peu connue, ce qui est étonnant pour un style qui est à l’origine du rock, un genre qui continue encore aujourd’hui à inonder les scènes du monde entier. Sachons le : les légendes vivantes que sont les Rolling Stones par exemple ont un admiration sans limite pour les grands pianistes de boogie, ils savent bien ce qu’ils leur doivent. Ceci est un fait que j’ai appris d’un impresario qui connaît bien les Rolling Stones.
  • Vous ne serez pas seul pour ces deux concerts, il y-aura Tristan Patigny, John Valcke et Philippe Lejeune. Au-delà de partager votre amour pour ces musiques (trop) peu représentées sur les scènes avec le public, c’est important pour vous de le partager avec d’autres musiciens et notamment un autre pianiste ?
    Il est certain que lorsqu’on partage une passion commune pour un certain genre musical, c’est une fête de pouvoir se retrouver et faire rejaillir ensemble l’étincelle de la magie créée par ces bons vieux sorciers afro - américains des années ’20. Le plaisir en sera d’autant plus intense. Sans compter qu’on a une vraie complicité, humaine (c’est important) mais aussi musicale : Tristan est un batteur spécialisé en swing, le genre idéal pour le boogie ; John Valcke, à cheval entre le rock et le jazz correspond également à tout ce qu’un pianiste de boogie peut aimer de la part d’un bassiste, un tempo solide, des basses efficaces ; quant à Philippe, il a tellement cotoyé un des derniers géants créateurs du boogie (Memphis Slim) qu’il s’est imprégné de son style en profondeur, sans compter les multiples concerts et enregistrements que Philippe a effectué aux USA, le berceau du boogie woogie.
  • Vous dites sur votre site que vous êtes un "artisan de la musique acoustique" et que "dans ces styles il existe en toute simplicité une joie communicative irrésistible et une énergie impressionnante, malgré des moyens relativement modestes". On peut en déduire que vous n’êtes pas prêt de céder aux sirènes de la production industrielle ?
    Oui, c’est exact, j’ai toujours tourné le dos à la musique de variété - pop - rock à grande diffusion, c’est plus fort que moi, et tant pis si c’est une erreur sur le plan commercial ; je préfère l’authenticité et le principal dans la vie c’est de pouvoir s’épanouir et de faire partager ses passions.
  • Un dernier petit mot pour notre public ?
    Je suis très heureux de revenir à Douchy les Mines, j’en avais gardé un excellent souvenir et je me réjouis d’avance car je sais qu’on va à nouveau tous ensemble passer un très bon moment.

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