Cannes, la remarquable

Interview de Mauro Mazzotta, Président de l'association cinématographique Jean Renoir - L'Imaginaire

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EDITO « Cannes, la remarquable »

Alors que vient de se terminer le 72e Festival de Cannes (vous n’aurez sans doute pas manqué sa superbe affiche en hommage à Agnès Varda) avec son tapis rouge, la montée des marches et tout le gratin hollywoodien. Mais en marge des strass et des paillettes, il y-a « Les rencontres Art et Essai » organisées par l’Association Française des Cinémas d’Art et d’Essai (AFCAE). Le Président de l’association cinématographique Jean Renoir-L’Imaginaire, Mauro Mazzotta, y était et nous livre ses impressions.

Imaginaire : Est-ce que Cannes 2019, Monsieur le Président, est une bonne édition ?

Mauro Mazzota : Ce qui est assez remarquable c’est qu’on a du mal à trouver un film qui n’a pas sa place dans les différentes compétitions. Celles-ci sont assez homogènes en qualité ! Chaque film présent nous touche à sa façon. On est sur une année assez exceptionnelle en qualité.

I : Pour les cinémas art et essai comme le nôtre, ce qui est intéressant en plus du Festival du Cannes « grand public » avec « Les Rencontres Art et Essai » organisées par l’AFCAE, et de découvrir des films qui ne sont pas programmés, mais est-ce qu’il y-a des nouveautés dans l’organisation ?

M.M : En effet, en plus de la Palme d’Or, du Grand Prix du jury, pour la compétition officielle, des autres compétitions que sont « la semaine de la critique », « la caméra d’or », un prix supplémentaire a été créé : le Prix des cinémas art et essai avec la particularité qu’il n’est pas composé d’un jury français mais d’un jury international composé exclusivement d’exploitants. Le film lauréat « Parasite » de Bong Joon-ho sera projeté dans les salles art et essai d’Europe. Ce prix est une bonne chose pour valoriser les programmateurs et diffuseurs des salles cinéma Art et Essai. D’une certaine manière on reconnaît une forme d’expertise des programmateurs et exploitants des salles de cinéma de proximité.

I : Quels sont tes coups de cœur de cette 72e édition ?

M.M : Dans « La Semaine de la critique » qui se consacre aux jeunes talents qui présentent leur premier ou deuxième long-métrage « J’ai perdu mon corps » de Jérémy Clapin, est un film d’animation à destination des adultes. Il a la particularité d’être sur plein de registres différents, on travaille le son, la mémoire, etc. C’est du cinéma qui fait référence à d’autres films. Et sinon en « Compétition officielle » pour ce que j’ai pu voir : le Ken Loach « Sorry we missed you ». C’est un film très documenté qui parle bien de la situation des travailleurs et ce que ça induit dans le contexte familial. Il y-a aussi « Le jeune Ahmed » (à découvrir dans ce programme) film de qualité des frères Dardenne, « Les Misérables » de Ladj Ly, un drame policier sur la brigade anti-criminalité de Montfermeil dans le 93 et le film brésilien de Kleber Mendoça Filho « Bacurau ». Tous ces films ont une réflexion sur notre société tout en ayant une réelle ambition cinématographique. La difficulté c’est vraiment d’en sortir un du lot, mais sinon ce serait tout de même le Ken Loach.

I : Est-ce qu’un film a particulièrement fait ovation lors de sa projection ?

M.M : L’an dernier le thriller « Wind River » de Taylor Sheridan et en compétition « Leto » de Kirill Serebrenikov ainsi que « Lazarro Felice » d’Alice Rohrwacher ont fait ovation. Cette année, dans les projections auxquelles j’ai pu assister, il y eu « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma (en compétition officielle), « Une vie cachée » de Terrence Malick, « La Belle époque », une comédie de Nicolas Bedos (hors compétition) et bien sur le film « Parasite » de Bong Joon-Ho .

I : Merci, Monsieur le Président, nous avons hâte de découvrir le Palmarès de ce cru 2019.

Cette interview a été réalisée le 24 mai 2019. Depuis le Palmarès a été révélé. Découvrez-le ci-dessous.

Palme d’or

Parasite de Bong Joon-ho

Grand Prix

Atlantique de Mati Diop

Prix du jury

Ex-aequo, Les Misérables de Ladj Ly & Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

Prix d’interprétation féminine

Emily Beecham pour Little Joe de Jessica Hausner

Prix d’interprétation masculine

Antonio Banderas pour Douleur et Gloire de Pedro Almodovar

Prix de la mise en scène

Le Jeune Ahmed de Jean Pierre et Luc Dardenne

Prix du scénario

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

Mention spéciale

It Must Be Heaven d’Elia Suleiman

Caméra d’or

Nuestras Madres de César Díaz

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